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Expatriation et nouveau départ

Témoignage d’Agathe, expatriée en famille au Maroc

Je m’appelle Agathe. Je vis depuis presque 3 ans à Casablanca au Maroc, en famille. Il s’agit de notre première expatriation et d’un nouveau départ.

J’ai toujours été une voyageuse, mon conjoint aussi.

Bien évidemment, nous avons emmené partout nos trois enfants et le dernier avait 3 mois la première fois qu’il a pris l’avion.

Vivre dans un autre pays que la France, c’est expérimenter une autre sorte de voyage.

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Pourquoi une expatriation ?

Après plusieurs années de vie stressante « métro boulot dodo » en île de France, nous rêvions d’ailleurs, comme tant d’autres franciliens.

Mon conjoint ayant eu une opportunité professionnelle pour un poste à Casablanca, au Maroc, nous sommes venus séjourner, quelques jours avec les enfants âgés alors de 16, 14 et 11 ans pour voir si cela nous plairait.

Entre la proposition et notre arrivée au Maroc, 4 mois se sont écoulés, vacances de trois semaines aux Etats Unis incluses, un truc de dingue.

De mon côté, j’ai dit « au revoir » à mon poste et à mes collègues et grâce à une hiérarchie humaine et bienveillante, j’ai pu bénéficier d’un très long congé.

Expatriation et changement de vie

Après des années de courses après le temps, ce changement de rythme a été bienvenu. Pour autant, ce changement n’a pas été de tout repos parce que les premiers mois ont été consacrés à l’adaptation à ce nouvel environnement même s’il n’y a pas la barrière de la langue. Nous vivons sur un autre continent, avec des mœurs et des habitudes de vie différentes.

Les première mois, Queen M, 14 ans, à ce moment là, opposée à cette expatriation, a été difficile à vivre, ne perdant jamais une occasion de nous rappeler qu’elle n’avait pas choisi de déménager. Fils Aîné, 16 ans vivait lui, son premier amour mais à distance puisque la copine elle était, en France et cela n’a pas été sans quelques tensions. Loulou en revanche, qui entrait au collège s’est adapté immédiatement et a été le premier à se faire des copains. L’Homme lui découvrait son nouveau poste, ses nouveaux collègues etc.

Pour ma part, pour la première fois de ma vie, moi qui ai toujours exercé une activité professionnelle (je suis juriste), je me retrouvais devant une page blanche à écrire.

Je n’ai jamais aimé être une femme/mère au foyer. J’adresse d’ailleurs toute mon admiration aux personnes à qui ce rôle convient. Je n’ai pas de disposition pour des activités manuelles et ne suis pas une sportive. Je ne suis pas une solitaire, j’ai besoin d’interactions sociales.

Il me fallait donc me réinventer.

 

L’expatriation, un nouveau départ

J’ai toujours aimé écrire, même si compte tenu de mon activité professionnelle, c’était plutôt en termes juridiques. Alors assez vite, je me suis dit que je n’avais qu’à me lancer, d’abord afin de donner de nos nouvelles à nos proches puis pour raconter nos voyages.

Restait à trouver sous quelle forme et c’est ainsi qu’est né le blog : Agathevisoretcie.com .

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Agathevisoretcie.com, le blog

Bien entendu, je ne savais pas comment on créait un blog. Et j’ai appris sur le tas. Mais j’adore ! Cela me procure une vraie joie. D’abord écrire, puis partager, échanger avec des lecteurs du monde entier. De plus, le blog est familial puisqu’il arrive que les trolls écrivent aussi un article, de temps en temps. Je ne connaissais rien à cet univers et c’est avec plaisir que je découvre ce domaine. J’apprends chaque jour et c’est un vrai bonheur.

C’est du travail car il ne suffit pas d’assembler des mots. Avant de démarrer l’écriture, je pense à l’articulation, je cherche les photos, les trie, les adapte au format etc… Et puis il y a la régularité des publications, la présentation sans compter tout ce qu’on ne voit pas : le référencement, les réseaux sociaux etc… Mais c’est ma bulle d’air, mon univers et sincèrement dans cet espace, le temps n’a aucune importance, je suis moi et je suis bien; en liberté.

A côté de cela, je suis quelqu’un d’actif et de dynamique. Et ce que j’aime ce sont les échanges avec les personnes. Aussi, au delà d’un nouveau cercle amical, je me suis tournée rapidement vers le bénévolat.

Casa Bénévolat

J’ai eu diverses expériences bénévoles. J’ai alors découvert qu’il n’y avait pas de lien entre les associations et les bénévoles. Afin d’y remédier, j’ai eu l’idée de créer une plateforme et ai co-fondé Casa Bénévolat.

Au départ, il s’agissait d’une page et d’un groupe Facebook. Depuis quelques semaines, la plateforme a désormais un site, que j’ai créé. Aujourd’hui, Casa Bénévolat compte une quinzaine d’associations partenaires, plus de 140 bénévoles inscrits et 35 missions. Après deux ans d’existence, la plateforme commence à être connue et est reconnue pour son sérieux (juriste oblige !).

Cette activité bénévole me prend du temps parce qu’il faut être réactif, disponible. Je rencontre des bénévoles, des associations et surtout des personnes formidables. Un jour, ces individus, face à une situation, se sont retroussés les manches et y consacrent depuis leur temps et énergie. Chacun œuvre à son échelle afin que demain soit mieux qu’hierBien sûr, je continue d’être bénévole. Après du soutien en français à des maternelles, à l’orphelinat, cette année je suis plus en mode projet d’équipe : création d’une médiathèque pour un collège proche de la médina.

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Et maintenant ?

Mes trois années de congés se terminant, un bilan s’impose.

Bilan

Au niveau financier, pour notre famille, la balance n’est pas positive, en dépit du contrat de travail de mon conjoint. Eh oui, je n’ai plus de salaire, forcément cela se ressent. L’Homme n’a plus les mêmes niveaux de prime non plus.

Cet aspect n’est pas une surprise, nous l’avions intégré.

Et puis, compte tenu du bas niveau local des salaires, je n’ai pas d’intérêt à exercer une activité professionnelle. Surtout qu’ici, le temps de travail est de 44 h par semaine et le salarié dispose de 18 jours de congés par an.

Cet aspect doit être pris en compte dans tout projet d’expatriation car parfois, il n’est même pas possible au conjoint suiveur d’exercer une activité selon les pays.

J’avoue que la dépendance financière me pèse même si l’Homme s’en moque lui.

La balance est par contre très largement positive en ce qui concerne la qualité de vie; en dépit de la circulation infernale de Casablanca, de sa pollution, des déchets jetés n’importe où, des maisons non isolées où en hiver on a plus froid à l’intérieur qu’à l’extérieur en raison de l’humidité.

De mes fenêtres, je vois l’océan, je traverse le boulevard et je peux marcher sur la plage. Il fait soleil une grande partie de l’année. A Casablanca, le thermomètre dépasse rarement les 30 degrés en plein été. Le jardin est beau et fleuri.

Et puis le Maroc est une aventure douce et colorée.

Côté famille, l’expatriation est très positive également. Nous voulions donner une vision « monde » à nos enfants et c’est totalement réussi. Par exemple, Queen M, envisage désormais de poursuivre ses études supérieures à l’étranger tandis que Fils Aîné qui est retourné en France en école d’ingénieur, n’exclut pas de vivre ultérieurement hors Hexagone.

Et moi ?

J’ai profité de mes enfants comme je n’avais jamais pu le faire auparavant; même si je n’ai pas forcément eu que les bons côtés (les parents d’adolescents comprendront de quoi je parle !).

J’ai arrêté de courir même si je reste dynamique. J’ai pris du temps.

Face à ce nouveau chapitre de vie, j’ai osé : osé des projets ou expériences – pas tous réussis hein loin de là, je n’ai pas gagné un dirham à ce jour !- osé me lancer dans des activités qui me correspondent vraiment comme l’écriture ou cette plateforme bénévole que j’anime.

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Je suis sortie de ma zone de confort. A 50 ans. J’ai regardé, j’ai tâtonné, j’ai appris, j’ai réfléchi aussi. Je suis fière de moi.

Surtout que finalement, ce n’est pas fini : mon employeur m’a octroyé une ultime année de congé. Une année bonus !

Agathe

Merci à Agathe d’avoir partagé avec nous son expatriation et son nouveau départ en famille à Casablanca, au Maroc.
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